MICHEL PAROT AU PLUS HAUT DES CIEUX

Michel Parot et Tancarville en plein vol !

Jeudi 31 octobre - 11h09 | valentinecinier

MICHEL PAROT AU PLUS HAUT DES CIEUX

 Dans sa carrière, il a souvent tutoyé les sommets, mais ce lundi 28 octobre, c'est tout en haut des cieux que s'est envolé Michel Parot.


Hospitalisé depuis une quinzaine de jours, suite à des problèmes pulmonaires, Michel Parot est décédé, ce lundi 28 octobre, dans sa soixante-septième année.


Après avoir débuté comme jockey, principalement à l'obstacle, à l'âge de 13 ans, et avoir été tête de liste des jockeys mineurs à Auteuil, Michel Parot s'est tourné vers le concours complet puis le saut d'obstacles, une discipline qu'exerçait également son frère Hubert, qui sera champion olympique par équipes aux JO de Montreal en 1976.


C'est en devenant spécialiste des puissances que Michel Parot s'est véritablement fait connaitre, avec notamment un record de France à 2,41m, établi en 1974 avec Tancarville et qui tient toujours. Il y a une trentaine d'années, Michel Parot crée la Société hippique du Bois de Nateau, à Poligny au sud de Nemours, qu'il gérera pendant plus de vingt ans avant de prendre sa retraite et de se tourner de nouveau vers les courses, sa première passion.


Pour le dossier sur les puissances paru dans le numéro de Grand Prix Magazine de novembre, actuellement en kiosques, nous avions joint Michel Parot, alors qu'il venait tout juste de rentrer à l'hôpital. Bien qu'il soit affaibli, Michel Parot avait semblé ravi de nous raconter son histoire et ses exploits, émaillant son récit de moult détails et anecdotes, même si parfois la mémoire ne se souvenait plus avec exactitude des lieux ou des dates.


Et nous avons été heureux de l'entendre nous narrer ses exploits en course, l'achat de Tancarville, simple cheval de balade sur les plages du Touquet, pour en faire un "tire-cul" pour l'Américain Fred Graham, alors propriétaire de l'étalon Almé, que Michel Parot montera avant qu'il soit vendu au Haras Zangersheide de Leon Melchior. Il nous parlera aussi de Marcel Rozier, son beau-frère, pour qui il avait monté Quo Vadis, au début de l'année 1968, alors que Marcel avait la jambe dans le plâtre. Marcel se remettra à cheval juste à temps pour se qualifier pour les JO de Mexico, d'où il reviendra avec une médaille d'argent par équipe.


Et quand il s'agissait d'évoquer ses exploits sur des hauteurs vertigineuses, Michel Parot était intarissable. C'était lui le grand spécialiste des puissances à l'époque, et il était fier de nous dire qu'il avait sauté vingt-trois fois des obstacles de plus de deux mètres, sans aucune chute ni refus.

Il nous parla de Léon Zitrone, qui a souvent commenté ses exploits et qu'il maudissait encore de l'avoir obligé à aller sauter alors qu'un l'ombre d'un nuage faussait l'abord de l'obstacle.

Il était fier d'avoir été récompensé par le président Georges Pompidou, notamment pour son record de France à 2,41m mais on sentait bien son grand regret de ne pas avoir vu son record à 2,53m homologué : « C'était à Paris devant le président Pompidou et quarante mille personnes. J'ai bien franchi l'obstacle à 2,53m, le speaker a annoncé que j'avais battu le record du monde, Pompidou m'a remis la coupe et une demi-heure après, deux juges sont allés mesurer pour valider le record. Je crois que le plus jeune devait avoir soixante-quinze ans, ils sont montés sur un escabeau, ont pris peur, se sont raccrochés à l'obstacle et l'ont fait tomber. Comme l'obstacle n'était plus en place, ils ont dit qu'ils ne pouvaient pas homologuer le record. »


Pendant une demi-heure, nous nous sommes régalés à entendre ces histoires d'une époque révolue, celles des pionniers des sports équestres modernes, racontées par Michel Parot avec toute sa gouaille. Merci Michel pour ce bon moment, repose en paix !


Les obsèques de Michel Parot auront lieu lundi 4 novembre à 10h30 en l'église de Bois-le-Roi.
Toute l'équipe de Grand Prix présente ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches.


Marc Verrier

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