'J'AI BIEN FAIT D'ATTENDRE !' Maxime Livio

Maxime Livio a partagé le podium palois avec William Fox-Pitt. Photo Scoopdyga

Mardi 10 décembre - 18h58 | valentinecinier

'J'AI BIEN FAIT D'ATTENDRE !' Maxime Livio

Après avoir remporté le CCI 3* de Sandillon et du Haras du Pin cette année, [Maxime Livio] associé à [Cathar de Gamel] s’est offert une magnifique deuxième place au CCI 4* de Pau dimanche (lire ici), pour sa première participation. À 26 ans, Maxime Livio a poussé sa carrière vers une autre dimension. Il livre ses impressions à GrandPrix-Replay.


 
GrandPrix-Replay.com : Vous avez terminé à la deuxième place du CCI 4* de Pau, votre tout premier CCI à ce niveau. Est-ce la chance du débutant ou le résultat d’une parfaite préparation ?
Maxime Livio : J’ai l’habitude d’engager des épreuves quand je suis sûr d’être compétitif. J’ai attendu longtemps avant d’engager à ce niveau-là. Le cheval a gagné deux CIC 3* cette année (Sandillon et Le Pin-au-Haras, ndlr). Je pense que c’était le bon moment. Le résultat à Pau prouve que j’ai bien fait d’attendre !


 
GPR : Comment avez-vous appréhendé ce concours au très long cross avec Cathar de Gamel ?

ML : C’est vrai que c’est la seule interrogation que j’avais avec mon cheval. Je sais qu’il peut très bien dresser- il le fait depuis quelques saisons maintenant. Sur les barres, il ne lâche rarement plus de quatre points. Et sur le cross, Cathar est un cheval très fiable et franc que rien n’impressionne. En revanche, je ne savais pas s’il était capable d’aller vite aussi longtemps. À Pau nous voulions voir si, face à toute la concurrence mondiale, le cheval était aussi performant qu’à l’habitude. Je crois qu’il a répondu à toutes nos interrogations ce week-end.


 
GPR : Vous souhaitiez vendre Cathar il y a un an. Il n’a cessé de monter en puissance depuis le printemps…
ML : Avec son propriétaire, nous avions envisagé de le vendre car nous avions des questions sur ses aptitudes à courir des cross aussi longs. J’ai voulu essayer pour en avoir le cœur net. Ses bons résultats ouvrent donc de nouvelles perspectives. Nous allons tout mettre en œuvre pour le garder dans mon piquet pour les années à venir.
 


GPR : Vous avez signé un parcours de saut d’obstacles sans faute dimanche. C’est ce qui a fait la différence. Cathar saute avec une très belle technique. Est-ce son point fort ?
ML : C’est un cheval qui a une très bonne tête, de la force et beaucoup de moyens. Sa seule faiblesse, c’est son geste de devant qui n’est pas irréprochable. Lorsqu’il est trop près des barres, il peut vite faire une faute d’antérieurs. Mais quand il est disponible et tonique comme dimanche, je n’ai qu’à le reculer de ses barres pour faire sans-faute.


 
GPR : Quel effet cela vous a-t-il fait de partager le podium avec William Fox-Pitt, légende du concours complet ? Vous êtes d’ailleurs passé tout près de la victoire…
ML : C’est un grand honneur, cela fait vraiment plaisir. C’est la raison pour laquelle je bosse depuis des années… Pour atteindre ce niveau-là et pouvoir prétendre, un jour, battre ces stars du complet. Pour ma première participation à ce niveau, je me suis rendu compte que j’étais dans le coup.


 
GPR : Où en êtes-vous avec vos autres chevaux ?
ML : J’ai la chance d’avoir des chevaux qui reviennent après de petits problèmes de santé. L’année prochaine, j’espère avoir trois ou quatre chevaux pour courir au niveau trois étoiles et les amener petit à petit dans les quatre étoiles lorsqu’ils seront prêts. Avec eux, l’objectif est de les préparer pour les futures échéances en équipe de France si ces chevaux intéressent le sélectionneur (Thierry Touzaint, ndlr). J’ai une autre génération de chevaux à la maison, deux de six ans et un de sept ans. Ce sont des chevaux qui assureront la relève de mes quatre plus vieux chevaux.


 
GPR : Quel bilan pouvez-vous dresser de votre saison ?
ML : C’est un bilan super positif. Cela fait maintenant deux ans que je me suis installé dans mes propres écuries près de Saumur. J’ai la chance de pouvoir passer du temps sur mes chevaux et en concours grâce à une super équipe. Sportivement, c’était une année fantastique. De mes jeunes chevaux à ceux de haut niveau, ils ont tous été performants. J’ai été présent sur tous les fronts, que ce soit dans le Grand National, dans ce CCI 4 * ou dans les épreuves Jeunes Chevaux.


GPR : Quel sera votre programme de concours l’année prochaine ? Viserez-vous une sélection aux Jeux équestres mondiaux avec Cathar ou est-il de nouveau à vendre ?
ML : Cathar ne sera pas à vendre cet hiver. L’année prochaine, il nous faudra répéter ces bonnes performances pour prouver que nous sommes prêts pour les quatre étoiles. Mes autres chevaux ont un petit retard à combler pour courir à ce niveau-là. L’objectif est d’être plus présent au très haut niveau.
Je cours pour cela, et pour être appelé en équipe de France. Même s’il y a beaucoup de monde sur la liste, cela fait partie de mes objectifs. Mes trois autres chevaux devraient courir un CCI 3* en milieu de saison prochaine qui seront suivis par trois autres concours au mois de juin. Cathar recourra certainement un CCI 4*. En ce qui concerne le programme de Cathar en équipe de France, c’est avec Thierry Touzaint que cela va se décider.


 
Propos recueillis par Valentine Cinier.

À lire également...

Réagissez