'LE HAUT NIVEAU, C’EST MON PIQUET DE CHEVAUX QUI M’Y AMÈNE ', THOMAS CARLILE

Thomas Carlile a réussi un doublé historique au Mondial du Lion en remportant les championnats de complet des six et sept ans. © PSV Morel

Samedi 26 octobre - 08h33 | sroullier2

'LE HAUT NIVEAU, C’EST MON PIQUET DE CHEVAUX QUI M’Y AMÈNE ', THOMAS CARLILE

[Thomas Carlile] vient de réaliser un doublé historique au mondial du Lion d’Angers en remportant l’épreuve des six ans avec Ténarèze et celle des sept ans avec Sirocco du Gers. Cette consécration, il la doit notamment à un long travail sur ses chevaux. Contacté par GrandPrix-Replay, il revient sur ce week-end incroyable et ces années de préparation.


GrandPrix-Replay.com : Comment vous sentez-vous après ce doublé historique ?
Thomas Carlile : Je suis sur un petit nuage. J’ai eu deux réactions. La première à chaud, je me suis senti soulagé car j’avais accompli un gros travail et c’était l’aboutissement. La seconde à froid, c’est un réel plaisir et ça me motive à aller encore plus haut.


GPR. : Comment s’est déroulée l’épreuve des six ans avec Ténarèze ?
T.C. : [Tenareze] venait d’être vice-champion de France des six ans à Pompadour. Clémence Catala m’a beaucoup aidé à préparer le dressage. Et elle m’a accompagné au Lion d’Angers. Nous avons fait une petite détente de trente minutes le matin. Le cheval était très sérieux lors de sa reprise, il n’a pas pris en compte l’atmosphère de cette carrière particulière. J’étais vraiment ravi en sortant et la note était bonne. Je passais au début d’épreuve, je ne pensais pas garder la tête du dressage. Après, je savais qu’il était largement capable de faire un sans-faute dans le cross et dans le saut d’obstacles. Le cross était assez évident pour les six ans mais il a causé pas mal de dégâts notamment à cause de la distance que les chevaux de six ans rencontrent pour la première fois. Ça ne m’a pas posé de problème car c’est un cheval Anglo-arabe, un gros galopeur avec beaucoup de tenue et rapide, il fallait juste que je ne commette pas de faute de pilotage. Le cheval était extra.


GPR. : Ténarèze a-t-il été impressionné ?
T.C. : Il a été assez ému par la foule. J’avais un peu de mal à rester le long de la corde dans les tournants. En plus, comme il pleuvait, beaucoup de parapluies étaient sortis. Une chose géniale au Lion quand on court sous les couleurs françaises, c’est que le public nous applaudit parfois même avant d’avoir franchi un obstacle ! Le cheval, qui est assez susceptible au bruit, avait parfois l’impression de galoper dans un brouhaha, ce qui le surprenait au départ, mais au bout de six ou sept minutes, il était de nouveau bien concentré.


GPR. : Comment s’est déroulée l’épreuve des sept ans avec Sirocco ?
T.C. : [Sirocco du Gers] est à l’opposé de Ténarèze. C’est un cheval beaucoup plus chaud. Il déborde d’envie de bien faire. À la maison, il est un peu fainéant et ne travaille pas trop, mais quand il arrive sur un terrain, il est un peu partout chez lui ! Il se rend compte que nous sommes en compétition et le garder calme sur le dressage n’est pas toujours évident. Par son envie de bien faire, il peut anticiper les figures. C’est aussi un problème que je rencontre à l’obstacle. Nous avons fait un gros travail la veille du dressage avec Clémence pour le climatiser à l’ambiance. Le cheval était très sérieux et à l’écoute. C’est peut-être même la meilleure reprise qu’il ait faite cette année. Sur le cross, le cheval était très en condition même s’il s’agissait d’une nouvelle distance. J’ai perdu un peu de temps au milieu du tour à soigner quelques obstacles car il avait envie d’aller vite. Il a fallu que je le calme pour le mettre plus aux ordres. Et en fin de tour, là où il y avait les plus grosses technicités, le cheval était très rapide.


GPR. : Comment vous sentiez-vous ?
T.C. : Dans les six ans, lors de l’épreuve de saut d’obstacles, je savais que j’avais un bon sauteur et il y avait très peu de sans-faute. Je ne savais pas trop comment il allait se comporter avec la foule. Une fois les deux premiers obstacles passés, il s’est relâché et tout s’est très bien déroulé. Avec Sirocco, j’avais un peu de pression car il n’est jamais évident de gérer sa vitesse. Il peut presser ses sauts. J’avais eu une mauvaise chute avec lui milieu des six ans à cause de ça. Depuis, le cheval a progressé, mais il ne faut pas oublier que ça peut rester son défaut. Après il est franc. Je ne craignais pas de dérobade, mais juste un saut un peu hors norme qui pouvait le faire glisser.


GPR. : Ce sont deux chevaux que vous avez depuis le début de leur carrière, est-ce que vous pouvez nous parler de leur évolution ?
T.C. : J’ai acheté Ténarèze à la fin de ses deux ans à Patrick Sisqueille. À quatre ans, il n’a pas fait une saison complète, juste trois classiques complets et un peu de saut d’obstacles. À cinq ans, il a été régulier toute la saison et a été champion de France. Puis, il a fait une très bonne saison à six ans en terminant par une belle victoire. Gérard Brescon m’a confié Sirocco à l’âge de trois ans. Il a eu un début de carrière similaire à celui de Ténarèze. À six ans, Sirocco avait chuté dans le 1* de Sandillon et à la finale il était un peu trop pressé dans le cross et a été incapable de sauter la sortie du gué. Nous avons travaillé ce problème. Il a alors gagné la Pro 2 de Saumur au mois de novembre et a été invaincu jusqu’à Pompadour, cette année, où Bart L a gagné. Il a remporté des victoires remarquables pour un cheval de sept ans : Pro 1 des sept ans à Tartas, trophée des sept ans à Pompadour, CCI 1* de Jardy, CCI 2* de Bazoges-en-Pareds...


GPR. : Quels sont vos objectifs ?
T.C. : Me reposer un peu ! Nous avons de nouveaux chevaux qui sont arrivés. Je vais profiter que Sirocco et Ténarèze soient un peu au repos pour me mettre à travailler avec ceux-là. L’an prochain, Ténarèze devrait suivre une saison similaire à celle de Sirocco. Sirocco va gentiment commencer à concourir dans des Pro Élite, du 2* au printemps et viser peut-être l’épreuve des huit et neuf ans à Blenheim en fin d’année.


GPR. : Vous avez l’intention de vous tourner vers le haut niveau ?
T.C. : C’est mon piquet de chevaux qui m’y amène. Il y a deux ou trois ans quand j’avais vendu [Popof des Bois] et [Pyromane du Brioux], j’ai réinvesti dans de jeunes chevaux et petit à petit ce piquet vieilli et m’amène vers le très haut niveau.


GPR. : Est-ce que vous allez continuer à former de jeunes chevaux ?
T.C. : Oui. Gérard Brescon vient d’acquérir [Vinka s] qui a quatre ans et qui a gagné le critérium à Pompadour. J’ai notamment d’autres produits de son élevage qui vont prendre quatre ans. Je vais donc continuer les deux en parallèle.


Propos recueillis par Daphné Godfroy

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