MARK TODD EN UNE DE GRAND PRIX MAGAZINE

La légende du complet, Mark Todd reçoit Grand Prix Magazine chez lui. Photo Sébastien Duval.

Lundi 09 septembre - 01h54 | Sébastien Roullier

MARK TODD EN UNE DE GRAND PRIX MAGAZINE

Mark Todd, devenu « Sir Mark » au début de l’année, a reçu Grand Prix Magazine dans sa propriété anglaise de Foxhill, près de Swindon. Surprise, en poussant la porte : la double championne olympique de dressage, Charlotte Dujardin, est venue lui rendre une visite de courtoisie ce jour-là. L’Anglaise s’est vite effacée pour laisser la légende du complet revenir avec beaucoup de simplicité sur sa (très) longue carrière. Témoin privilégié de l’évolution de la discipline, le « Kiwi » passe en revue plus de quatre décennies. Extrait.

 
 
 
 
GRAND PRIX : Vous avez commencé à monter à cheval avec un casque de policier sur la tête. Cela résume-t-il un peu vos premières années ?
MARK TODD : Je n’ai pas grandi dans un milieu équestre. Mes parents n’avaient jamais fait d’équitation, mais ils se doutaient qu’il serait peut-être plus prudent de porter un casque. Je n’en avais pas, alors ils ont demandé à un ami à eux, qui était dans la police. Quand on y repense, c’était vraiment ridicule ! Si j’étais tombé, ça aurait été sûrement encore plus dangereux que si je n’avais rien eu sur la tête… À cette époque, le concours complet était très peu développé en Nouvelle-Zélande. Quand j’ai commencé la compétition, à l’âge de seize ou dix-sept ans, il n’y avait que cinq ou six concours par an. C’était probablement un mal pour un bien, puisque je pouvais faire autre chose le reste du temps : du saut d’obstacles, du dressage… Ça m’a permis d’acquérir une vraie polyvalence.

 
G.P. : En quoi votre victoire à Badminton en 1980 a changé votre vie ?
M.T. : C’était seulement le quatrième concours sur trois jours de toute ma carrière. C’est fou, avec du recul. Les conditions étaient particulièrement difficiles cette année-là. Le cross avait fait de gros dégâts. Southern Comfort, qui avait seulement dix ans, était l’un des trois ou quatre chevaux à être rentrés maxi. Personne ne s’attendait à me voir gagner. Je me souviens d’une caricature dans un journal néo-zélandais avec la Reine, à la cérémonie de remise des prix, se demandant « Mark, qui ? » Je suis arrivé de nulle part et, soudainement, je me suis fait un nom dans le milieu. J’étais le vainqueur de Badminton. C’est ce qui a le plus changé pour moi. Les gens vous respectent davantage parce que vous avez accompli quelque chose. Ça aide un peu pour les notes du dressage, et ça ouvre quelques portes à droite à gauche.

G.P. : Vous avez confirmé, quatre ans plus tard, en remportant les Jeux olympiques de Los Angeles…

M.T. : Après Badminton, j’avais décidé de rentrer en Nouvelle-Zélande. J’avais le sentiment du devoir accompli, de m’être bien amusé à l’étranger et qu’il était temps de me poser et de trouver un vrai travail. J’ai commencé à travailler à la ferme, à traire des vaches. J’avais toujours quelques chevaux, mais seulement pour le plaisir. En 1983, j’ai reçu un appel d’un ami en Angleterre. Il avait un cheval pour Badminton, mais son cavalier s’était blessé. Il m’a demandé de venir le remplacer. J’ai accepté et c’est à ce moment-là que j’ai réalisé que je ne voulais pas passer ma vie à traire des vaches en Nouvelle-Zélande. J’ai tout vendu et j’ai emmené Charisma en Angleterre avec moi, au début de l’année 1984. Il a terminé deuxième à Badminton avant de remporter les Jeux...


La suite de l'interview est dans le numéro de septembre de Grand Prix Magazine déjà en kiosques

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