JUAN CARLOS GARCIA AU CŒUR D'UNE ENQUÊTE JUDICIAIRE

Un anonyme désigne Juan Carlos Garcia, en photo avec Prince de la Mare lors des championnats d'Europe de Herning, coupable de violations réglementaires © Scoopdyga

Vendredi 30 août - 15h59 | audreymangin4

JUAN CARLOS GARCIA AU CŒUR D'UNE ENQUÊTE JUDICIAIRE

Mensonge ou scandale ? Le 7 juin dernier, un certain Matteo Lombardi a déposé plainte par courriel, auprès de la Fédération italienne des sports équestres (FISE), contre Juan Carlos Garcia. Selon lui, le cavalier italien aurait substitué l’identité et truqué les papiers de plusieurs chevaux qu’il s’est vu confier dans le but de les valoriser financièrement. À la suite de cet appel, l’instance juridique de la fédération a entamé une enquête visant à éclaircir la situation. Dans ce cadre, Juan Carlos Garcia sera entendu le 2 septembre.



Le 7 juin dernier, un dossier mettant en cause le cavalier italien [Juan Carlos Garcia] a été envoyé par courriel à la Fédération italienne des sports équestres (FISE). L’auteur, Matteo Lombardi, est un homme de vingt-neuf ans se décrivant comme un simple passionné « qui suit les compétitions assidument ». Il désigne le cavalier italien coupable de « graves violations réglementaires ». Selon lui, il aurait participé à des concours nationaux avec un seul et même cheval, [Prince de la Mare], utilisé sous les noms d’autres équidés, [Prince Jelko] et [Opinion W]. L’observateur s’en serait aperçu au cours de deux compétitions organisées au cercle sportif GESE de Bologne : « Juan Carlos Garcia a été présenté par le speaker avec Prince Jelko. Je connais ce cheval, et il m’a semblé qu’il ne s’agissait pas de celui qui était en piste. En effet, Prince Jelko a une liste blanche sur le chanfrein que l’équidé qui concourait n’avait pas. En outre, ce dernier ressemblait fortement à Prince de la Mare », a-t-il exposé. D’après lui, « l’unique objectif de cette substitution est de survaloriser économiquement des montures modestes (en consolidant leurs palmarès grâce à des papiers truqués, ndlr) pour les revendre à des prix élevés ».



Afin d’appuyer ses arguments, Matteo Lombardi a agrémenté sa dénonciation de captures d’écran provenant du site Internet de vidéos d’archives classhorsetv.it. « J’ai pu récolter de nombreux indices qui semblaient confirmer mes doutes », particulièrement en observant des différences entre les chevaux. Ainsi, les vidéos sembleraient démontrer que le Prince Jelko monté en décembre 2012 par Garcia n’était pas le même que celui monté par d’autres cavaliers italiens, [Andra Alessia Rossi] et [Vincenzo Chimirri], cinq et six mois plus tôt. Or, l’auteur souligne qu’il est impossible que deux chevaux distincts puissent avoir le même nom et le même numéro d’inscription.



Une procédure judiciaire en cours


Il en a donc informé la présidente de la FISE de l’époque, Antonella Dallari, dans l’espoir qu’une procédure judiciaire soit activée. Voyant que le cavalier continuait de concourir, le passionné a réitéré ses appels auprès de la fédération, par un nouveau courrier datant du 8 juillet, puis au lendemain de l’annonce de la sélection de Garcia pour les championnats d’Europe d’Herning, le 17 juillet. Ce à quoi l’organisme aurait répondu que le cavalier avait bel et bien été convoqué, et qu’il avait admis les faits ainsi que sa culpabilité. Dans une lettre ouverte, Matteo Lombardi s’est insurgé : « Je ne comprends pas comment le commissaire du CONI (Comité olympique national italien, ndlr) peut accepter d’emmener aux championnats d’Europe un athlète qui, s’il n’a pas encore été condamné, a toutefois reconnu sa culpabilité. C’est une honte qu’un cavalier coupable d’une telle escroquerie puisse nous représenter. » Ajoutant néanmoins qu’il restait conscient de la durée d’une telle enquête et du fait que le cavalier ne pouvait être tenu pour seul responsable. Il a ainsi également porté son accusation sur les vétérinaires non attentifs lors des visites, sur les propriétaires de ces chevaux ainsi que sur les organisateurs des compétitions et l’ancienne présidente de la FISE. « J’espère que monsieur Ravà (le commissaire de la FISE, ndlr) ne suivra pas la route délictueuse que madame Dallari a emprunté en couvrant » de telles violations, a-t-il ajouté.



Bénéfice du doute


Tandis que Juan Carlos Garcia sera entendu par la justice le lundi 2 septembre, il bénéficie légalement de la présomption d’innocence. Si l’enquête suit son cours, Gianfranco Ravà, le commissaire de la FISE, semble estimer que l’accusateur est « anonyme », étant donné qu’il n’a dévoilé que son nom, son courriel, et la ville où il vit. Ce dernier, convoqué au Parquet le 1er août dernier, ne s’y est pas rendu. « Nous devons respecter le travail de la Justice », a déclaré Ravà dans un article publié par le quotidien sportif italien La gazzetta dello sport. « En l’absence d’une exemple édifiant, sur quel critère devrais-je suspendre Garcia (comme le demande Matteo Lombardi, ndlr) ? Je reste perplexe : comment des éléments précis de l’enquête entamée par le Parquet, jusqu’alors inconnus de la direction fédérale, ont pu être portés à la connaissance d’une tierce personne et divulgués par elle ? »



Léa Dall'Aglio
 

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