PLUS DE COURSES D'ENDURANCE À EUSTON PARK !

Le Sheikh Mohammed Al Maktoum, ici lors des Jeux équestres mondiaux 2010, a été assez gravement mis en cause par la presse britannique, ces derniers jours. Photo Scoopdyga

Dimanche 12 mai - 19h16 | Sébastien Roullier

PLUS DE COURSES D'ENDURANCE À EUSTON PARK !

À la suite du retrait de son principal sponsor émirati, Euston Park, terrain majeur de l’endurance britannique, vient d’annoncer l’annulation de l’ensemble des courses FEI de la saison 2013. Sur son site Internet, le Telegraph ose un rapprochement entre ces annulations et des récents articles de presse en Angleterre qui ont listé les exactions sportives des cavaliers du Golfe. L’endurance mondiale traverse actuellement une crise identitaire forte, comme le rappelle le journal britannique : plusieurs fédérations nationales demandent l’intervention ferme et impartiale de la FEI.


 
Euston Park, principal site d’endurance en Grande-Bretagne, vient d’annoncer sur son site internet l’annulation de l’ensemble des courses FEI de la saison 2013, à la suite du retrait de son sponsor, le Dubai Equestrian Club. Quatre CEI 3* sont ainsi concernées. La nouvelle est bien évidemment très mauvaise pour les cavaliers britanniques, qui, comme la majorité des cavaliers d’endurance européens, préparent les grands championnats à domicile, faute de pouvoir se rendre régulièrement à l’étranger, comme dans d’autres disciplines.
Cette nouvelle et ce retrait du sponsor pourraient bien être la conséquence directe des accusations de dopage qui ont récemment frappé le Sheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, souverain de Dubaï, et son écurie de courses Godolphin… mais également par le passé, dans le domaine de l’endurance. C’est en tout cas l’une des pistes qu’explore le Telegraph. Sur son site internet, le journal anglais a recensé, ces derniers jours, l’ensemble des affaires louches dans lesquelles aurait trainé le Sheikh : cas de dopage, sanctions, lancement d’un circuit parallèle pour échapper aux règles FEI, etc.
Pour l’heure, la division endurance de la fédération britannique se contente de rassurer ses cavaliers en précisant qu’elle fera tout pour trouver d’autres sites susceptibles d’accueillir rapidement des CEI 3* et leur demande, sur sa page Facebook, de ne pas extrapoler sur les raisons des annulations. "Trop d'oeufs dans un même panier", commente toutefois une internaute... Et l’article du Telegraph de conclure, quant à lui, par les préoccupations grandissantes de fédérations nationales européennes.

 
"Non-respect du bien-être animal et le de l’équité"

 
En France, fin 2012, plusieurs associations de cavaliers d’endurance ont en effet prié la FFE de faire part à la FEI de leurs inquiétudes quant à l’augmentation des irrégularités observées en course et du nombre de chevaux blessés. Quelques mois plus tard, la FEI, dans une lettre signée par Ian Williams, le directeur des disciplines non-olympiques, faisait part de son "espoir d’avoir trouvé les solutions largement avant les Jeux équestres mondiaux de Normandie".
En mars 2013, la Fédération suisse avait pris le relai des associations françaises, cette fois en des termes bien plus fermes : "Sans vouloir pointer du doigt la majorité des cavaliers et des officiels d’endurance, dont elle est consciente qu’ils font tout pour assurer bien-être à leurs montures et loyauté aux courses, la Fédération suisse des sports équestres ne peut plus accepter la forme que prend l’endurance actuelle, sous l’égide de la FEI. Les raisons sont doubles: le non-respect du bien-être animal et le non-respect de l’équité lors des compétitions. […] Dans ce contexte, nous vous informons qu’un mouvement international pourrait voir le jour pour les cavaliers, les entraîneurs et les officiels qui n’acceptent plus l’endurance telle que la tolère la FEI."
On n'a sans doute pas fini d'entendre parler de cette affaire.

 
Daniel Koroloff

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