JEAN-CLAUDE OLIVIER LIVRE SA VÉRITÉ SUR SES ELFES BLANCS

Jean-Claude Olivier, au milieu de juments et poulains de son élevage. Photo Patrick Crasnier

Samedi 27 avril - 20h44 | Sébastien Roullier

JEAN-CLAUDE OLIVIER LIVRE SA VÉRITÉ SUR SES ELFES BLANCS

À la suite de l’article publié le 19 avril sur GrandPrix-Replay.com (lire ici), à propos des soupçons de maltraitance au sein de l’élevage des Elfes Blancs de Réalville, dans le Tarn-et-Garonne, Jean-Claude Olivier, son responsable, a tenu à ouvrir les portes de son élevage de Lipizzans et livrer sa version des faits.


 
C’est avec force et énergie que Jean-Claude Olivier tient à rectifier certains des propos des témoins –ou, du moins, présentés comme tels de cette affaire. Il se dit victime d’une cabale de certaines personnes, en Midi-Pyrénées, qui voudraient mettre fin à sa réussite. "Ce centre équestre, créé en 2002, fait des jaloux. J’ai investi beaucoup d’argent personnel dans cette affaire, on ne me pardonne pas son importance et son rayonnement."
En ce qui concerne les faits qui lui sont reprochés, il ne conteste pas du tout l’intervention de la direction des services vétérinaires, à la suite d’un signalement mais il en conteste les suites. Il reconnaît qu’il a euthanasié une jument qui s’était brisé la jambe et "qui souffrait terriblement. À la campagne, les vétérinaires mettent longtemps à arriver. Je ne pouvais laisser cette jument souffrir, j’ai donc demandé aux maçons qui travaillaient chez moi de me prêter une masse de maçon et j’ai tué la jument d’un seul coup porté avec force comme il était pratiqué dans le temps."
Jean-Claude Olivier conteste avec véhémence le fait décrit par certains témoins – "des faux témoins", affirme-t-il – que la jument, pas complètement morte du coup de masse, aurait été saignée au couteau. Il est donc important que sa version soit entendue. Elle le sera aussi par la justice, en temps voulu.

 
"Seuls quelques poulains ont été enterrés chez moi"

 
Sur le nombre d’équidés présents dans ce centre, Jean-Claude Olivier précise qu’il ne s’agit pas d’une centaine de chevaux mais de trois cent vingt-deux à ce jour, dont acte. Enfin il conteste tout à fait que la direction des services vétérinaires ait découvert autre chose que cette "euthanasie". Il ne conteste pas que des juments aient été saisies et emportées par le Centre d’hébergement et de protection pour équidés maltraités (CHEM) mais estime qu’elles étaient vieilles et normalement maigres pour cet âge. Il compte bien d’ailleurs intenter une action auprès de la justice pour récupérer ces juments qui lui appartiennent.
Enfin, quant aux soupçons pesant sur les enterrements de chevaux dans sa propriété, l’homme affirme avoir toujours utilisé les services de l’équarisseur. "Seuls quelques poulains ont été enterrés chez moi après être morts nés. Je ne savais pas que l’équarisseur était obligatoire."
Après cette mise au point, Jean-Claude Olivier a expliqué avec force détails son projet Realait, qui doit aboutir, d’ici cinq ans, à l’émergence d’un élevage de mille juments productrices de lait, "dans une filière composée de cinquante agriculteurs, des éleveurs soucieux de trouver des revenus utiles à leur survie. Notre structure s’occupera de valoriser les poulains et suivra la reproduction." Ce projet qui nécessite une enquête approfondie sur le développement de l’exploitation des juments pour vendre des produits laitiers dans la grande distribution. Dans ses explications, l’entrepreneur affirme qu’il n’a jamais vendu aucun cheval à la boucherie, décrivant les réseaux qui passeraient dans les centres équestres pour acheter à vil prix des équidés encombrants. "Ces réseaux vendent ensuite ces bêtes en Italie ou en Roumanie, mais je n’ai jamais utilisé leurs services. Tous les poulains qui naissent chez moi sont gardés jusqu’à trois ans puis placés en dépôt-vente après débourrage, dans des centres équestres qui en font la demande."

 
Une centaine d’emplois à la clé

 
Lors de la visite de ses installations, le propriétaire a montré ses nouvelles stabulations flambant neuve et encore en construction. Il a en revanche repoussé l’idée de faire visiter "la ferme" où la direction départementale vétérinaire est intervenue après des signalements de mauvais traitements. "Il n’y a plus rien à y voir, ces locaux nous sont prêtés pour l’hiver. Les poulains qui y séjournaient sont en prairie. Nous avons tout nettoyé. Par ailleurs, quatre mille mètres carrés supplémentaires sont disponibles et déjà à disposition des juments."
La direction vétérinaire à confirmé que seul l’élevage était en cause dans cette affaire, en aucun cas le centre équestre. La structure, comportant un sport-étude, un club équestre, un élevage et une laiterie en fonctionnement, compte quinze salariés au total, un nombre qui semble très réduit pour tant de chevaux. "Quinze personnes pour cent cinquante chevaux adultes me paraît largement suffisant. Dns la profession, c’est un ratio plus que favorable. Les cent cinquante poulains demandent beaucoup moins de travail."
L’affaire suit son cours. La SPA et la fondation Brigitte Bardot devraient saisir la justice. En cas de lourde condamnation, les projets de la structure pourraient être revus à la baisse, voire tout bonnement abandonnés. "Le risque engendré est la non-création d’une centaine d’emplois dans la nouvelle activité et la suppression des quinze postes existants", conclut le responsable.

 
Patrick Crasnier

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