Samedi 09 février - 20h44 | Sébastien Roullier

'BORDEAUX SERA L’OCCASION DE DÉFENDRE MA PLACE', ALDRICK CHERONNET

Les épreuves du CSI 5* de Bordeaux, débutent aujourd’hui. De nombreux cavaliers nationaux ont répondu présent à ce premier cinq étoiles du calendrier français. Arrêté à cause d’une clavicule cassée lors d’une chute, Aldrick Cheronnet est de retour après un long mois de convalescence : il se rend à Bordeaux. Il nous confie ses attentes pour l’épreuve et, à plus long terme, ses espoirs pour l’avenir.


 
GrandPrix-Replay.com : Votre dernier CSI 5* date de fin octobre, à Lyon. Quel est votre état d’esprit pour cette étape Bordelaise ?
Aldrick Cheronnet : J’ai interrompu ma saison depuis le mois de novembre dernier. Je remonte activement depuis un mois seulement, car je m’étais cassé la clavicule lors une chute. Malgré cela, je me sens très serein. Mes chevaux sont reposés et frais ! À vrai dire, pendant mes quatre semaines d’immobilisation, j’en ai profité pour méditer un peu… J’ai longuement observé mes chevaux, au cours de petites séances avec ma fille. Je les ai vus évoluer de façon très agréable. Pour Bordeaux, j’ai donc décidé d’emmener Cantis (Cantos x Cassini I) et Barbarossa Van Paemel (Darco x Remondo), mes deux chevaux qui ont le plus d’expérience. Je souhaite bien sûr faire un beau parcours à Bordeaux, et défendre ma place avec ce retour.
 

 
GPR. : Comment avez-vous préparé votre rentrée ?
A.C. : Pour ce début d’année, on peut parler d’une préparation à domicile ! Dès que mon épaule me l’a permis, j’ai repris doucement l’entraînement en alternant séances de kiné et gymnastique à cheval. Pour s’entraîner, il y avait bien quelques CSI 2* organisés en Hollande ou en Belgique... Toutefois, cela impliquait beaucoup de kilomètres, et un climat froid, que je ne souhaitais pas imposer à mes chevaux. Je suis resté assez hésitant quant à ma participation à cette étape bordelaise. Mais le comportement de mes chevaux m’a beaucoup encouragé. Cantis et Barbarossa m’ont rapidement fait sentir qu’ils étaient disponibles.
 

 
GPR. : N’est-il pas regrettable que la France voit peu à peu ses concours préparatoires disparaître ? Marcq-en-Baroeul complète tristement la liste…
A.C. : Je pense en effet que c’est vraiment dommage que tous ces concours se perdent. De nombreux cavaliers peuvent aller où ils veulent en terme d’épreuves, grâce à leur position dans le classement. Les autres sont à l’écart. Cela nous manque… Malgré tout, je prends aussi en compte le difficile contexte économique que traverse la France.
 

 
GPR. : Comment se porte votre piquet de chevaux ?
A.C. : J’ai récemment racheté V Tec M (Quick Star x Caretino) et je pense l’emmener aux épreuves de Barcelone. J’ai également une quatrième jument, Elcara Van de Heide (fille de Darco) qui a été sacrée championne des six ans à Hardelot en 2010. Enfin, j’ai fait l’acquisition de Hannibal Van Paemel, le propre frère de Barborossa. J’ai un solide piquet de jeunes chevaux, en plus de mes deux habitués du métier.
 

 
GPR. : Quels sont vos objectifs pour les mois et les années à venir ?
A.C. : Tout d’abord, je veux récupérer mon niveau et retrouver une bonne place dans le classement mondial FEI, car ma chute m’a fait perdre beaucoup de positions (actuellement six-cent-vingt-deuxième, ndlr). L’année commence avec des chevaux bien réceptifs et je prévois de participer à plusieurs épreuves comme Vejer de la Frontera, en Espagne, Vidauban et surtout au jumping international de La Baule, avec son cinq étoiles (du 16 au 19 mai, ndlr) qui fait partie de mes gros objectifs. L’avenir nous le dira ! Barbarossa peut tout sauter. Mais cette année, je souhaite mieux le gérer que l’an passé. Pour le moment, concernant les Jeux équestres mondiaux de Normandie 2014, je n’ai pas encore de certitude ou d’objectif clairement défini. Par contre les Jeux olympiques de Rio sont dans ma ligne de mire. Le facteur chance aura cependant son rôle à jouer. 
 

 
GPR. : En ce moment, la FFE est le théâtre de passations de pouvoirs compliquées. Quel est votre ressenti face à la situation ? 
A.C. : Je ne suis pas surpris par le départ de Henk Nooren. Je fais partie de ces cavaliers qui pensent qu’il y a des personnes très compétentes, en France, qui conviendraient au poste d’entraîneur-sélectionneur. Jusqu’à présent, de nombreux successeurs potentiels ont décliné l’offre pour diverses raisons : désaccord sur la rémunération, pas assez de liberté dans les prises de décisions… Il ne faut pas exagérer. Le poste à assurer est celui d’entraîneur d’un pays, d’une équipe. S’afficher sur plusieurs tableaux – par exemple, entraîneur pour un cavalier en particulier - ne me semble pas très judicieux. Je suis convaincu qu’en France, il y a quelqu’un qui serait tout simplement fier d’être notre entraîneur et sélectionneur. Avant cela, il faudrait que nous soyons nombreux à élire cette personne, et que ce ne soit pas un privilège réservé à une élite. Ce sélectionneur devra être capable de nous aider à préparer des échéances, comme Bordeaux, et de nous apporter des conseils. Il faudrait quelqu’un qui soit sur le terrain, qui se préoccupe de l’état des chevaux, qui nous aide à fixer des objectifs… Quelqu’un qui puisse donner la chance, à des nouveaux couples talentueux, de se développer aussi à l’internationale. Il y a beaucoup d'anciens cavaliers, dotés de ces qualités nécessaires, qui pourraient assurer toutes ces responsabilités.

 
Propos recueillis par Laetitia Maraninchi

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