AU COEUR DU PREMIER STAGE FRANÇAIS DE WILLIAM FOX-PITT

Neuf stagiaires et de nombreux spectateurs ont pu profiter des conseils d'un grand maître du complet. Crédit Pauline Chevalier

Mercredi 16 janvier - 10h51 | Sébastien Roullier

AU COEUR DU PREMIER STAGE FRANÇAIS DE WILLIAM FOX-PITT

Pour la première fois, le très grand William Fox-Pitt, médaillé olympique, numéro deux mondial et en route pour le Grand Chelem sur le circuit FEI Classics, a animé un stage dont ont bénéficié hier neuf chanceux cavaliers chez François Roemer, à Gazeran dans les Yvelines.


Ce stage assez exceptionnel a pu avoir lieu grâce à l’initiative d’Alexis Lemaire, qui avait eu la chance de passer une saison chez l’immense champion britannique. [William Fox-Pitt] n’a en effet pas pour habitude de donner des stages – qui plus est en français. Soucieux de concilier sa carrière, sa vie familiale – il est le papa d’une petite fille, son troisième enfant, depuis un peu plus de deux mois – et de la préparation de ses chevaux, il est peu disponible. De ce fait, sa présence au Haras de la Clairière, à Gazeran, chez François Roemer, était un véritable évènement.

Ouvert, consciencieux, revenant avant tout aux bases, William Fox-Pitt a fait travailler neuf cavaliers séparés en trois groupes, sur le plat et à l’obstacle. Les cavaliers et spectateurs, nombreux, restés à pied, ont aussi pu apprendre à travers les exercices et les détails de travail simples mais importants. Sur le plat, l’objectif était d’obtenir un cheval posé, fluide dans ses allures et dans son corps et utilisant son dos dans le calme afin de réussir à dérouler une reprise dans la meilleure des attitudes. "Mes détentes pour le travail ou la compétition sont les mêmes", explique le champion anglais. "Je laisse mes chevaux trotter et galoper librement, sans contrainte pendant un bon quart d’heure afin qu’ils se mettent en condition. Ensuite, je peux les contraindre doucement au travail. Là, il faut que le cheval soit posé et cherche le contact de lui-même sur le mors sans que le cavalier bidouille et gesticule dans ses mains, ses bras. Pour cela, je peux changer la tenue de mes rênes afin de stabiliser les mains."


"Un bon équilibre entre courage et respect"


Dans ce système de travail, le cheval peut ensuite s’assouplir. On adapte les exercices pour aller dans ce sens, en sortant les hanches ou les épaules sur un cercle. Ensuite, l’extension de ce travail sur plat a été appliquée dans des exercices à l’obstacle, dans l’optique de préparer au mieux l’épreuve de cross. Des enchaînements de petits obstacles avec des directionnels, avec ou sans chandeliers, et des courbes serrées sans distance précise ont posé beaucoup de questions aux couples. "Il faut que les chevaux apprennent à penser par eux-mêmes et à se débrouiller sur le parcours de cross. En complet, il est très important d’avoir un cheval intelligent et réactif qui garde les yeux ouverts sur le cross notamment et qui peut ainsi rester sur ses pieds quoi qu’il arrive. Sinon, c’est un sport trop dangereux. Chez certains chevaux c’est naturel, chez d’autres non. Avec ce genre d’exercices, j’encourage cet apprentissage ou cette faculté. Le respect de l’obstacle quoi qu’il arrive est indispensable. Cela lui permet ensuite de sauter facilement, en se prenant en charge, devant tout type d’obstacle et dans toutes les situations possibles ou presque. Les chevaux trop courageux sur le cross, qui ne se posent jamais de question, c’est bien mais cela peut finir par être dangereux. Il faut un bon équilibre entre courage et respect. Sur le dressage, le cheval doit être à l’écoute du cavalier et ne pas penser par lui-même alors que sur le cross, il lui faut de la réactivité. Je le vois ainsi quand, quelques foulées avant l’obstacle, les oreilles du cheval changent de position et se tournent vers l’obstacle et que ses yeux s’ouvrent. Il écoute le cavalier mais il cherche l’obstacle."

Les cavaliers ont eu fort à faire mais ont tous apprécié la disponibilité et la pédagogie du grand William, qui a ensuite accordé du temps aux médias et à ses fans. Il est ensuite reparti à la préparation de ses chevaux. Il devrait être présent en France lors du CICO 3* de Fontainebleau afin de remettre [Oslo] et [Parklane Hawk] dans le travail en vue du CCI 4* de Badminton. Alors qu’il peut remporter le Grand Chelem 2012-2013, autrement dit remporter les trois CCI 4* de Burghley, Lexington et Badminton à la suite, il demeure flegmatique. "Je n’ai remporté Badminton qu’une seule fois alors je ne pars pas avec l’assurance de gagner cette fois-ci mais je vais tout faire pour. J’espère pouvoir y amener Oslo et Parklane même si Oslo revient seulement après plus d’un an d’arrêt et plus de six mois au pré. C’est lui qui me dira s’il est capable de le faire?! Juste avant Badminton, j’irais aussi courir Lexington, comme chaque année, avec deux autres chevaux. Ensuite, bien sûr, l’objectif sera les championnats d’Europe de Malmö, où le terrain étriqué engendrera un cross très tournant et donc très difficile?!"

Quel plaisir de partager quelques moments avec ce grand champion qui, malgré son emploi du temps très chargé, demeure heureux de partager sa passion et ses convictions?! Alexis Lemaire a réussi un joli coup. A renouveler !


Pauline Chevalier

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