« LES CAVALIERS SONT TOUT SIMPLEMENT TROP TIMIDES », JEAN ROCHEFORT

Lors de la conférence de presse annonçant le CSI 5* du Salon du cheval de Villepinte, Jean Rochefort a posé devant les photographes entouré de Charlotte Casiraghi, Virginie Coupérie et Pénélope Leprévost. Crédit Marie-Anaïs Thierry

Lundi 12 novembre - 12h16 | ma.thierry

« LES CAVALIERS SONT TOUT SIMPLEMENT TROP TIMIDES », JEAN ROCHEFORT

Consultant emblématique pour France Télévisions aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004, Jean Rochefort a sorti sa plume cet été pour une série de chroniques équestres publiées par le quotidien Le Monde. Également ambassadeur des Gucci Masters de Paris, première étape du Grand Slam Indoor avant Hong-Kong et New-York, l’acteur souhaite contribuer à l’essor médiatique des sports équestres. GrandPrix-replay.com l’a rencontré.

 
GrandPrix-replay.com : Vous êtes un ardent défenseurs des sports équestres. Que manque-t-il aux épreuves de haut niveau pour attirer les médias généralistes ?
Jean Rochefort : Il faudrait avant tout des épreuves que les télévisions généralistes acceptent, c’est-à-dire des épreuves qui ne durent pas une heure, une heure et demi. Le rêve serait qu’on leur présente des barrages pour inciter le public à se passionner. Petit à petit, on pourra leur montrer des formats plus longs comme des Grands Prix.

 
GPR. : Vous dites être régulièrement en relation avec France Télévisions. Qu’est-ce qui bloque selon vous pour que le groupe diffuse des épreuves de haut niveau ?
J.R. : Pour eux, les épreuves sont trop longues. Elles étaient auparavant trop silencieuses. J’ai insisté pour faire sonoriser les pistes des concours. C’est aujourd’hui un vrai plus qui les intéresse. Ils nous demandent maintenant de mettre en place des épreuves courtes dont on connaît le résultat au bout d’une heure au maximum. C’est vers ce genre de formule que nous devons aller.

 
GPR. : Les cavaliers ont eux aussi un rôle à jouer dans leur médiatisation…
J.R. : En effet, le rêve est de faire des cavaliers des héros de football. Maintenant, nous avons cette chance d’avoir de plus en plus de cavaliers "bankable" dans les revues de mode. Ils sont quand même fort présentables. J’ai connu une époque où il s’agissait de gros "pépères". (Rires). Il faut les rendre populaires et « people » d’une certaine façon, il faut voir les choses en face. Il y a Kevin Staut et Pénélope Leprevost bien sûr, mais il y en a d’autres. Roger-Yves Bost n’est peut-être pas très bavard mais il a un vrai fasciés et sa monte est particulièrement excitante pour le public.

 
GPR. : En tant que fervent supporteur de l’équipe de France, comment avez-vous vécu les Jeux Olympiques cet été ?
J.R. : Ça a été un concours de circonstances, de malchance avec la rêne qui se casse, Pénélope qui est pénalisée par du temps dépassé… Je ne sais pas ce qui se passe depuis huit ans. À Hong Kong déjà, l’équipe de concours complet devait faire face à la blessure Galan de Sauvagère. Ça fait huit ans qu’il y a des soucis. Les Jeux ont été une grande déception car nous espérions tous une médaille en équitation.

 
GPR. : Vous êtes l’un des ambassadeurs des Gucci Masters, votre fille monte à cheval… Quelles sont les autres actions qui vous maintiennent dans le milieu ?
J.R. : Oui, il y en a toujours. Le respect du cheval, la sonorisation, apprendre aux cavaliers à entrer dans ce "star system"… Ils doivent se rendre compte qu’ils ont un public qui les regarde avec passion. Le public souhaite que tous ces champions s’aperçoivent qu’ils existent. Ce n’est pas de la mauvaise volonté. Je pense que les cavaliers sont tout simplement trop timides, ils n’osent pas. Il faut faire évoluer progressivement ces mentalités. Il faut surtout faire du spectacle.

 
GPR. : Quel cavalier vous fait le plus vibrer aujourd’hui dans le jumping mondial?
J.R. : Plusieurs noms me viennent à l’esprit. Aujourd’hui, il y a des montes tellement efficaces et élégantes que nous avons la sensation que le cheval prend lui-même du plaisir. Quand on voit Steve Guerdat ou Kevin Staut monter, ils dégagent une vraie élégance. À Lyon, Kevin a monté sa jument Silvana d’une telle façon qu’on avait l’impression que n’importe qui pouvait faire comme lui. Ça avait l’air facile. Ça, c’est l’art. C’est comme si on regardait un Goya en se disant : "Tiens, moi je peux en faire autant". Et ça, c’est merveilleux.

 
Propos recueillis par Marie-Anaïs Thierry

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