Jeudi 09 août - 18h31 | ma.thierry

FINALE : LA PAROLE AUX FRANÇAIS

A l’issue de la première manche de la finale individuelle de saut d’obstacles, deux Tricolores sont encore en course pour une éventuelle médaille individuelle : Olivier Guillon (sans-faute) et Simon Delestre (quatre points). De son côté, Kevin Staut conclut ses premiers Jeux olympiques avec seize points de Silvana. Retrouvez les réactions des trois cavaliers après leurs parcours.


Olivier Guillon

 
« Que dire de plus, je suis content. Le cheval n’a pas baissé le pied par rapport à l’évolution du championnat. C’est un cheval qui est raide, qui est toujours dans l’effort et qui a parfois du mal à finir sur les championnats, mais nous avons eu la chance ici qu’il ne fasse pas trop chaud (contrairement à Madrid). Avant-hier et hier je trouvais qu’il récupérait bien en sortie de piste et il a très bien répondu aujourd’hui. La « chance » que j’ai eu sur ce premier tour par rapport à la situation du parcours est qu’il y avait des choix de distances vers l'avant, ce qui correspond beaucoup mieux au cheval. Il aime les grandes pistes avec beaucoup d’espace et ici il y a une accumulation de distances très courtes alors qu’aujourd’hui il y avait des solutions pour les chevaux qui ont beaucoup d’action comme Lord, pour enlever une foulée. Il est vrai que la configuration du tour avec des obstacles qui arrivent très vite n’est pas la meilleure pour Lord, mais encore une fois il y avait vraiment le choix dans les distances par rapport à hier où il y avait des distances avec six foulées très courtes sans d’autres choix. Sur le dernier j’ai fait cinq foulées et il est sûr que plusieurs cavaliers ne pourront pas choisir cette solution. Si il y a un parcours qui correspond le mieux à Lord depuis le début c’est bien celui-ci. Je lui avais quand même parlé dans l’oreille avant en lui disant que c’était la journée la plus importante de sa carrière (rires) et la mienne aussi (rires). Pour la deuxième manche on va essayer de se mettre un peu à l’écart pour rester bien concentré et puis encore une fois faire le maximum mais cela dépendra du contexte du parcours ».

 
Simon Delestre
« C’est plus facile quand le matériel tient (rires). C’est un très gros parcours que l’on ne croise pas souvent mais Napoli a sauté fantastique, j’ai une touche mais c’est le jeu. Le vertical est très gros, sec en bout de ligne donc il y a toujours un risque. J’ai essayé de ne pas mettre trop de pression sur l’oxer avant pour ne pas que cela m’emmène trop loin et que je puisse caser mes cinq foulées, mais au moment où j’ai repris il a mis la croupe de travers et c’est un peu décalé lui faisant perdre un tout petit peu de propulsion. Les verticaux font 1,68m donc il faut quand même attaquer un peu sur ce tour (rires). Je n’ai pas tendance à lui mettre trop de place devant les barres car il a beaucoup de frappe et c’est comme ça qu’il est bien. Il était très calme, très agréable, j’avais vraiment le sentiment de ne pas avoir besoin de mettre beaucoup de pression par rapport à la hauteur. Je ne l’ai jamais senti dans le rouge, il n’a pas peiné sur les oxers et une faute sur un vertical en bout de ligne n’est pas une faute de moyens mais plus d’attitude. L’oxer d’avant fait 1,90 m de large donc il fallait quand même en demander beaucoup dessus. Le cheval a des supers scores depuis le début et même si hier il a un peu couru après le double il a rectifié le tire aujourd’hui ».

 
Kevin Staut
« Toutes les fautes ont été entraînées par la ligne de la rivière. Henk Nooren m’avait proposé de faire six foulées, donc une foulée de moins pour aborder la rivière, car on sait que Silvana en fin de championnat peut perdre de la trajectoire c’était donc une décision technique. Il s’est trouvé que nous faisons faute sur la rivière et que cela a déstabilisé le contrôle et le relâchement pour toute la fin de parcours. C’était déjà une grosse déception de ne pas décrocher une médaille par équipe, ensuite on a essayé de tous se reconcentrer sur l’individuel, ce qui semble bien parti pour Simon et Olivier. Il faut rester soudés derrière eux pour essayer d’aller décrocher cette médaille qui nous manque en hippisme. Pour moi personnellement c’est une grosse déception car Silvana était en forme, on était venu avec de grandes ambitions mais voilà c’est peut-être aussi ce qui fait le charme de notre sport c’est que même avec une bonne préparation, essayer d’axer toute une saison sur cet événement et bien rien n'est écrit. C’était déjà difficile dans l’équipe puis dans l’individuel de ne pas réussir à réaliser ce que l’on souhaitait. Je ne changerais rien dans ma préparation si c’était à refaire, en revanche dans la façon de monter en piste oui. Les stages de préparations, les décisions qui ont été prises ici, la Warm-up, les détentes, vraiment je ne remettrais rien en cause à ce niveau là. C’est en piste où je n’ai pas été assez bon. La finition n’était pas assez bonne. Je ne sentais pas Silvana particulièrement fatiguée par rapport à des championnats d’Europe ou du monde où elle était plus émoussée que ça. J’avais confiance car elle avait fait une bonne détente et elle a très bien commencé son parcours. Sincèrement j’explique complètement les fautes par la manière dont j’ai abordé la rivière, j’aurais dû reconstruire, faire une foulée de plus, mais c’est comme ça et nous avions fait ce choix là. Peut-être qu’en l’abordant différemment cela n’aurait rien changé mais il fallait de toute façon prendre une décision ».

 
A Greenwich Park, Londres, Elodie Muller
 

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