Dimanche 17 juin - 23h29 | ma.thierry

« NE PAS ALLER AUX JO SERAIT UNE DÉCEPTION » G.WATHELET

[Gregory Wathelet] est le cavalier numéro un en Belgique. A seulement trente-et-un ans il a déjà de belles victoires à son actif. De 2005 à 2007, il intègre la Team Onyshchenko et courra sous les couleurs ukrainiennes, une expérience qui lui permettra de prendre part aux plus grands rendez-vous mondiaux comme les championnats du monde en 2006. Le divorce avec le mécène ukrainien entrainera une période de creux pour le Liégeois et plus récemment avec la perte de son cheval de tête [Copin van de Broy]. Mais le cavalier est parvenu à réintégrer l’élite du saut d’obstacles mondial en quelques mois et s’apprête à vivre ses premiers Jeux sous le giron belge.

 
 
GrandPrix-replay.com : Vous avez participé à deux étapes de Coupe des nations notamment La Baule où vous avez littéralement brillé. Pouvez-vous revenir sur ces deux rendez-vous ?
Grégory Wathelet : La série Coupe des nations a commencé à La Baule où l’équipe a vraiment bien marché, je dirais même trop bien (rires) ! Quand on commence si bien, il y a une attente de résultats très importante alors que la Belgique reste un outsider dans cette Super League. Bien entendu, La Baule reste une superbe réussite à la fois dans la Coupe (la Belgique remporte cette étape ndlr.), et dans le Grand Prix avec une deuxième place pour Philippe Lejeune et une quatrième pour moi. Ma jument Citizenguard [Cadjanine Z] a été géniale avec son double sans-faute alors que notre couple est assez nouveau à un tel niveau, elle a confirmé son bon parcours de Doha. Il y avait bien sûr encore quelques erreurs à droite à gauche mais un bilan très positif. A Saint Gall, les choses ont été assez différentes, on boucle deux parcours à huit points dans la Coupe mais paradoxalement je trouve que la jument a mieux sauté. En fait, on a été piégé par le triple car Cadjanine a tendance à courir dans les combinaisons et à s’ouvrir.

 
 
GrandPrix-replay.com : Maintenant que la jument a été rachetée, vous pouvez véritablement vous projeter, c’est un soulagement pour vous ?
Grégory Wathelet : Effectivement, je suis vraiment rassuré, le but de cette transaction était de pouvoir assurer un avenir avec cette jument. C’est pour cela que mon propriétaire a décidé d’investir dans cette jument, afin d’éviter de rester dans le flou notamment après les Jeux olympiques. C’est vraiment une très bonne nouvelle pour moi et cela me permet de travailler l’esprit plus tranquille.

 
 
GrandPrix-replay.com : Vous apparaissez comme un pilier de l’équipe belge, votre sélection olympique est quasiment assurée…
Grégory Wathelet : Tant qu’il n’y a pas la sélection officielle, on ne peut être sûr de rien, maintenant au vu des résultats et de l’évolution avec la jument je pense que nous sommes  en bonne place pour décrocher notre ticket pour Londres. Je pense que l’on fait partie des quatre meilleurs couples du moment, et j’espère vraiment intégrer l’équipe belge. Ne pas y aller serait une immense déception pour moi.

 
 
GrandPrix-replay.com : Vous allez ainsi prendre part à vos premiers Jeux après avoir failli y participer avec l’Ukraine. Etes vous heureux d’avoir réintégré votre équipe « natale » ?
Grégory Wathelet : C’est sûr que vivre les Jeux olympiques en représentant la Belgique est complètement différent de ce que j’aurai pu vivre avec l’Ukraine. Là, je vais défendre mon pays, mes couleurs, ma nation c’est cela qui fait tout le charme des Jeux olympiques. Je me sens vraiment embarqué dans une aventure nationale complètement inédite, c’est une grande fierté pour ma famille et moi.

 
 
GrandPrix-replay.com : A l’approche des Jeux comment avez-vous organisé le programme avec Citizenguard Cadjanine Z ?
Grégory Wathelet : On s’est heurté à un problème dans cette démarche de préparation lié au fait que je ne connaisse pas la jument depuis longtemps. Les choses se sont faites très vite, la mise en place de notre couple, réussir à sortir sur de grosses hauteurs, intégrer l’équipe, tout cela en quatre mois de temps. Du coup, il a fallu découvrir la jument, connaître ses réactions dans un laps de temps très court et c’est pourquoi il a été difficile de trouver le programme qu’il lui convenait le mieux. Je me suis donc basé sur mon expérience pour faire en sorte de l’amener dans la meilleure forme possible aux Jeux. Ce week-end nous sommes donc à Cannes pour le Global Champions Tour, après deux semaines de repos nous nous rendrons à Aix-la-Chapelle pour l’étape de Coupe des nations histoire de faire encore un gros concours. Les semaines suivantes, la jument sortira sur des épreuves plus petites.

 
 
GrandPrix-replay.com : Vous devenez un cavalier qui compte dans l’univers du saut d’obstacles mondial, les propriétaires vous font confiance à l’image de Xavier Marie qui vous a confié Banda de Hus. Comment vivez-vous ce statut ?
Grégory Wathelet : Je n’ai pas l’impression d’être incontournable, dans le cheval il y a toujours des périodes, à un moment donné on est le roi et le lendemain on n’est plus rien…Malgré tout je suis content car le travail que j’ai fourni ces dernières années paie. Je me suis efforcé d’être toujours en confiance avec les gens, honnête et correct, même si cela a pu me jouer des tours, ça porte ses fruits aujourd’hui.  Beaucoup de gens me font confiance et viennent vers moi et j’en tire beaucoup de satisfaction.

 
 
GrandPrix-replay.com : Vous avez eu une période difficile avec la perte de vos chevaux de tête, comment avez-vous vécu cette phase délicate ?  
Grégory Wathelet : Après l’aventure ukrainienne, j’ai recommencé quasiment à zéro et j’ai mis en place un système différent. Je suis devenu indépendant, j’ai ma société et mon propre personnel mais cela n’a pas été facile et j’ai dû partir de tout en bas. Il a fallu retrouver des partenaires, et trouver un système qui me permette d’avoir un équilibre financier. Je n’ai aucun apport extérieur et il fallait donc que mon écurie tienne la route financièrement. Petit à petit j’ai récupéré les chevaux de haut niveau mais je continue de préparer l’avenir avec des jeunes, je voulais avoir une situation plus pérenne. Toutes mes expériences m’ont servi, m’ont rendu plus fort et m’ont aidé sportivement à évoluer, même si j’ai parfois dû faire quelques pas en arrière.

 
 
 
Propos recueillis par Astrid Garaude.
 
 

  

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